CRISE À LA FECAFOOT : FIFA ET CAF, JUGÉS COUPABLES!

Le football camerounais est dans l’impasse à la faveur d’une nouvelle crise à la fédération camerounaise de football. À la vérité, il s’agit d’une crise qui date au moins de 2013 (dans sa forme la plus dure avec des procès à répétition) et qui joue simplement les prolongations avec le soutien manifeste de la Fifa qui n’aura jamais réellement cherché depuis tout ce temps, à mettre fin aux querelles.

Le Tribunal Arbitral du sport (TAS) a décidé le 15 janvier 2021 d’annuler l’ensemble du processus électoral ayant conduit Seidou Mbombo Njoya à la tête de la Fecafoot en 2018. Une situation ubuesque qui plaçait à nouveau la fédération de football du Cameroun dans le lot des fédérations  »anormales » connaissant de profonds dysfonctionnements. Et les textes de la Fifa, garant du football mondial, prévoient dans de tels cas, qu’elle se doit de nommer une équipe de transition appelée à ‘normaliser’ la fédération membre, en crise. C’était d’ailleurs et déjà le cas pour le Cameroun en 2013 et en 2017 avec la nomination des comités de normalisation dirigés par le Professeur Joseph Owona et Me Dieudonné Happi. Soulignons à grands traits que les actes de nomination (ainsi que les actes prorogeant leur mandat à la tête de la fecafoot) des équipes de normalisation étaient toujours signés du comité d’urgence, du comité exécutif ou de l’assemblée générale de. Fifa.
Le 16 janvier 2021, la Fifa va plutôt adopter une autre posture : celle de maintenir Seidou Mbombo Njoya et l’ensemble de l’exécutif élu de la fecafoot en 2018, par une Correspondance signée de sa Secrétaire générale, ceci alors qu’une décision de justice venait de  »condamner » l’équipe aux commandes du football camerounais. Il s’agit d’une « entorse en droit élémentaire! La lettre du SG de la Fifa écrite à celui de la Fecafoot peut être considérée comme un avis. Ce document n’est donc pas une décision ou un acte juridique car il ne crée pas le droit » nous confie Me Alain NGUINI avocat au barreau du Cameroun et observateur du football.

Entre temps, le 2 février précisément, l’assemblée générale de la fédération camerounaise de football de 2009 – la seule légitime car ayant adopté les statuts qui ont conduit au processus électoral annulé – se réunit à la majorité de ses membres. L’objectif de cette session extraordinaire qui se tient par visio conférence était de nommer un comité exécutif provisoire de gestion de la Fecafoot. Le Professeur Albert Mbida, Universitaire et aujourd’hui Sénateur, est porté à la tête dudit comité qui comprend d’autres élites intellectuelles telles que les Docteurs Tado Oumarou ou François Dikoume sans oublier l’ex international camerounais et vice président du syndicat des footballeurs Lucien Mettomo. Pour Me Alain NGUINI, ce comité aussi est illégal car : « Une AG fut elle légitime ne peut pas s’auto convoquer. C’est à la Fifa en cas de dysfonctionnement d’une de ses fédérations membres, de nommer par DÉCISION, une équipe de transition à laquelle elle définit un cahier de charge clairement établit. D’ailleurs le dispositif du jugement du TAS rendu publique le 15janvier est suffisamment clair. Le TAS annule les élections de la Fecafoot et invite les parties prenantes à revenir à la situation de 2018. Et en 2018, avant l’élection c’était le comité de normalisation dirigé par Me Happi qui était aux affaires. C’est donc à lui et à son équipe de revenir!« 

POLITIQUE
La crise à la Fecafoot ne révèle ni plus ni moins que « Les batailles politiques qui opposent plusieurs personnalités de la République quant à la succession du Président Biya. Le football c’est l’opium du peuple. Il faut le contrôler et s’en servir car c’est un vrai levier de pouvoir » nous confiera tout d’abord une source approchée, proche justement des milieux du pouvoir de Yaounde (capitale politique du Cameroun). Notre interlocuteur videra, plus loin, le fond de sa pensée : « Croyez moi, Albert Mbida et son équipe savent ce qu’ils font. Ils savent très bien que leur comité n’est pas légal! Mais leur objectif ainsi que celui de ceux qui les ont fait venir et qui, indubitablement sont de très hautes personnalités du Cameroun, est simple :  »Occuper la scène et ne pas laisser de marge de manoeuvre à Mbombo Njoya qui jouit aussi du soutien de d’autres forces politiques ». C’est une vraie bataille de réseau. L’opinion publique est prise en sandwich et malheureusement la Fifa qui doit s’élever au dessus de toute considération, est complice« 

Dans son message adressé à la jeunesse de son pays le 10 janvier dernier, Paul Biya Chef de L’État du Cameroun, appelait pourtant ‘ les instances faîtières du football à se RESSAISIR ‘
Son message, visiblement, n’est pas encore bien passé.

Hervé Junior MENOM
Journaliste

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