« 7 ANS DANS LE RING »

Si  je n’avais pas de muselière euphémiquement appelé masque, parce que l’homme refuse d’accepter que désormais comme un animal, comme un chien, il n’a plus le droit à la parole comme il veut, il ne peut plus mordre comme il veut, il est vissé sur sa muselière qui lui intime l’ordre  de la boucler  et de contempler le monde … Si je  n’ avais pas de muselière, je crierais plus fort pour que le monde entier soit transpercé par mon cri strident de bonheur certes, mais  de dépit et de colère aussi. Un combat de boxe normal, chez les professionnels, a douze rounds  de 3 minutes chacun.

Mais cela fait 7 ans que je livre un combat de boxe contre les  préjugés, contre l’environnement, contre le contexte, contre le public. Il y en a qui ce jour vont célébrer l’endurance d‘un boxeur, qui reçoit les uppercuts, les gauches et les droites en plein visage, titube, mais ne tombe pas. Il  y en a qui vont célébrer le boxeur qui en 7 ans a multiplié dans les rings ses difficultés et de ses adversaires, les techniques d’esquive pour rester debout, il ya en a qui vont célébrer les rares coups que je donne à l’adversaire mais d’une violence inouïe qui lui rappelle qu’aucun combat n’est gagné à l’avance, mais surtout le boxeur que je suis, qui est dans la résilience  des coups reçus, des bosses et des casses provoqués, qui sait s’il lui reste encore un peu d’oxygène pour résister, qui comprend, qu’il n’ya pas d’autres choix que chercher le coup  du  K.O qui enverrait son adversaire au sol.
D’autres enfin, apprécient le spectacle qui dure, les coups de poing qui trottent, les douleurs qui se lisent et les K.O qui se dessinent. Nous livrons depuis 7 ans, un combat de boxe où les adversaires se succèdent dans le ring contre vous, avec la même détermination  de vous envoyer au tapis.
Quand vous recevez des uppercuts de ceux que vous avez pris, enseigné les techniques de boxe pour dompter les adversaires, et qui finalement vous servent un combat en plus de celui que vous devez gagner, un but contre son camp comme dirait les footballeurs. Quand le coup violent ne vient pas de là, il vient d’un environnement  fiscal qui vous envoie dans  les cordes, suscite en vous l’envie de jeter l’éponge, vous oblige à fuir le corps à corps et à papillonner dans le ring. Quand ce n’est pas tout ça, c’est  un coup en dessous de la ceinture des partenaires potentiels  qui détectent en vous l’adversaire, à cause de vos fréquentations, de vos choix éditoriaux ou simplement de leurs humeurs. Mais quand un combat a duré 7 ans et que au cœur de cette adversité vous écoutez une voix  lointaine, du public  qui crie « RSI BOMAYE » vous entendez quelques annonceurs restés fidèles vous murmurer au creux de votre oreille, meurtri par la douleur « MARTIN BOMAYE » , vous êtes obligés de puiser dans le résidu d’énergie qui vous reste pour ne pas aller au tapis, monter la garde même si les arbitres lancent le décompte du K.O et crier à haute voix malgré la muselière «  JE SUIS PRET MEME SI LE COMBAT DOIT FAIRE CENT ANS » sept ans de combat c’est donc rien . Au suivant, et n’oubliez pas comme Cassius CLAY, je vous le dis en vérité, en vérité «  JE VOLE COMME LE PAPILLON, JE PIQUE COMME L’ABEILLE »… Ouvrez les champagnes, allumez les feux  d’artifice, nous  serons champion.

Martin Camus Mimb
@martinmimb

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